"Nouveau Tristan" ( Jean Maugin, 1554), nouvelles émotions ?
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Sarah Cals
En 1554, le libraire Jean Maugin, s’inspirant de l’une des huit éditions complètes du Tristan en prose des xve et xvie
siècles, propose une nouvelle version du roman. Le Premier Livre du Nouveau Tristan roy de Leonnois, chevalier de la
Table Ronde, et d’Yseulte princesse d’Yrlande, royne de Cornouaille, fait Françoys par Jan Maugin, dit l’Angevin constitue
une réécriture du texte médiéval caractérisée par l’alliance d’une fidélité aux sources et d’une déconstruction du mythe
tristanien (Laurance Harf-Lancner, 1984). Nous nous proposons de comparer cette réécriture au roman du xiiie siècle
et de nous concentrer sur la représentation des émotions liées aux scènes d’armes et aux scènes d’amour. Nous nous
fonderons sur le travail de Raphaël Micheli (2014) qui analyse les modes de sémiotisation de l’émotion en discours et
distingue l’émotion dite, l’émotion montrée et l’émotion étayée. Là où l’original en prose dit véritablement l’émotion,
comme un témoigne le grand nombre d’occurrences, le Nouveau Tristan préfère en effet la montrer ou l’étayer. Le
propos de cet article sera donc d’analyser les changements du traitement des émotions liées aux contextes d’arma et
d’amor entre les oeuvres du xiiie et du xvie siècle et de questionner son éventuelle insertion dans une crise du récit
chevaleresque.
siècles, propose une nouvelle version du roman. Le Premier Livre du Nouveau Tristan roy de Leonnois, chevalier de la
Table Ronde, et d’Yseulte princesse d’Yrlande, royne de Cornouaille, fait Françoys par Jan Maugin, dit l’Angevin constitue
une réécriture du texte médiéval caractérisée par l’alliance d’une fidélité aux sources et d’une déconstruction du mythe
tristanien (Laurance Harf-Lancner, 1984). Nous nous proposons de comparer cette réécriture au roman du xiiie siècle
et de nous concentrer sur la représentation des émotions liées aux scènes d’armes et aux scènes d’amour. Nous nous
fonderons sur le travail de Raphaël Micheli (2014) qui analyse les modes de sémiotisation de l’émotion en discours et
distingue l’émotion dite, l’émotion montrée et l’émotion étayée. Là où l’original en prose dit véritablement l’émotion,
comme un témoigne le grand nombre d’occurrences, le Nouveau Tristan préfère en effet la montrer ou l’étayer. Le
propos de cet article sera donc d’analyser les changements du traitement des émotions liées aux contextes d’arma et
d’amor entre les oeuvres du xiiie et du xvie siècle et de questionner son éventuelle insertion dans une crise du récit
chevaleresque.
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Com citar
Cals, Sarah. «“Nouveau Tristan” ( Jean Maugin, 1554), nouvelles émotions ?». Tirant (Butlletí informatiu i bibliogràfic de literatura de cavalleries), 2019, núm. 22, p. 179-94, https://raco.cat/index.php/Tirant/article/view/383306.