Fraternité et chevalerie dans la version bourguignonne de "Florence de Rome" (Chantilly, Bibliothèque du château, ms. 652)

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Rosalind Brown-Grant

La séparation entre arma et amor que nous pouvons constater dans les récits de chevalerie du XVe siècle amène les
auteurs de ces textes à s’interroger autant sur les relations entre les chevaliers eux-mêmes que sur celles entre le chevalier
et sa dame. En particulier, les liens unissant des chevaliers qui sont également des frères font l’objet de plusieurs romans
de l’époque, comme par exemple la mise en prose bourguignonne de Florence de Rome, où les deux frères Milon et
Esmeré, jeunes chevaliers hongrois, se disputent la main de l’héroïne éponyme. Dans la version de ce récit illustrée par
l’artiste surnommé le « Maître de Wavrin » (Chantilly, Bibliothèque du château, ms. 652), les tensions entre fraternité
et chevalerie passent au premier plan – dans le texte comme dans les images – jusqu’à prendre toute une dimension
éthique et politique. Comme nous le verrons, la façon dont les deux frères se comportent entre eux en dit long sur leur
aptitude à mériter non seulement l’amour de la dame, mais le gouvernement d’un royaume entier, livrant ainsi une leçon
à la fois poignante et incisive sur les moeurs chevaleresques à la fin du Moyen Âge.

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Brown-Grant, Rosalind. «Fraternité et chevalerie dans la version bourguignonne de “Florence de Rome” (Chantilly, Bibliothèque du château, ms. 652)». Tirant (Butlletí informatiu i bibliogràfic de literatura de cavalleries), 2019, núm. 22, p. 119-44, https://raco.cat/index.php/Tirant/article/view/381790.